Porter plainte pour abus de confiance et escroquerie : guide 2026
Vous souhaitez porter plainte pour abus de confiance et escroquerie ? Découvrez les étapes clés, les preuves à réunir et les recours en cas de refus. PlainteAvocat.fr vous accompagne.

Vous avez confié une somme d’argent ou un bien à une personne, et celle-ci en a profité pour ne pas respecter ses engagements ? Ou bien vous avez été victime de manœuvres frauduleuses qui vous ont poussé à remettre des fonds sur la base de fausses promesses ? Dans les deux cas, le droit pénal français vous offre des voies de recours. Porter plainte pour abus de confiance et escroquerie est une démarche cruciale pour obtenir justice et, le cas échéant, des dommages et intérêts. Ce guide 2026 vous explique les étapes, vos droits, et les recours possibles si votre plainte est refusée ou classée sans suite.
L’abus de confiance (article 314-1 du Code pénal) et l’escroquerie (article 313-1) sont deux infractions distinctes, mais souvent liées dans les litiges civils et commerciaux. Leur différence principale réside dans le mode opératoire : l’abus de confiance suppose une remise volontaire de fonds ou d’un bien à titre précaire (prêt, mandat, dépôt), tandis que l’escroquerie repose sur des manœuvres frauduleuses (fausses qualités, promesses mensongères) pour obtenir une remise de fonds. En 2026, la jurisprudence renforce la protection des victimes, notamment en matière de preuve numérique et de détournement de fonds via des plateformes en ligne.
Nous vous guidons pas à pas : de la constitution du dossier jusqu’aux recours en cas de refus du parquet, en passant par les délais de prescription et l’assistance d’un avocat spécialisé. Ne laissez pas une infraction impunie : agir rapidement et correctement est essentiel.
⚡ Ce que vous devez retenir
- L’abus de confiance et l’escroquerie sont des délits punis de 5 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende (peines portées à 7 ans et 750 000 € en cas de circonstances aggravantes).
- Pour porter plainte pour abus de confiance et escroquerie, vous devez réunir des preuves solides : contrats, échanges écrits, relevés bancaires, captures d’écran.
- La plainte peut être déposée au commissariat, à la gendarmerie, ou directement par courrier au procureur de la République.
- En cas de refus du parquet (classement sans suite), vous disposez de recours : citation directe, plainte avec constitution de partie civile, ou saisine du doyen des juges d’instruction.
- Les délais de prescription sont de 6 ans à compter de la découverte de l’infraction (loi du 3 décembre 2020). Attention : le point de départ peut être différé en cas de dissimulation.
1. Comprendre les infractions : abus de confiance et escroquerie
Avant de porter plainte pour abus de confiance et escroquerie, il est essentiel de distinguer ces deux délits. L’article 314-1 du Code pénal définit l’abus de confiance comme le fait par une personne de détourner, au préjudice d’autrui, des fonds, des valeurs ou un bien qui lui ont été remis et qu’elle s’est engagée à rendre ou à utiliser d’une manière déterminée. Exemple classique : un ami à qui vous prêtez 5 000 € pour un projet et qui utilise l’argent à des fins personnelles.
L’escroquerie (article 313-1) est le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien. Exemple : un faux agent immobilier qui vous fait signer un bail et encaisse un dépôt de garantie sans jamais donner les clés.
« En pratique, les deux infractions sont souvent invoquées simultanément dans une même plainte. Le parquet apprécie ensuite la qualification la plus adaptée. L’important est de démontrer l’intention frauduleuse et le préjudice subi. » — Me Sophie Delambre, avocate au barreau de Paris, spécialiste en droit pénal des affaires.
💡 Conseil d’expert : Si vous hésitez entre les deux qualifications, privilégiez la mention « abus de confiance et/ou escroquerie » dans votre plainte. Le juge d’instruction ou le procureur effectuera la requalification si nécessaire. Ne vous limitez pas à une seule qualification.
2. Les conditions pour porter plainte : éléments constitutifs et preuves
Pour que votre plainte pour abus de confiance et escroquerie aboutisse, vous devez prouver trois éléments : un élément matériel (la remise de fonds ou d’un bien), un élément intentionnel (la volonté de nuire ou de détourner), et un préjudice (financier ou moral). La charge de la preuve vous incombe, mais le ministère public peut également enquêter.
Les preuves à rassembler absolument
- Preuves écrites : contrat, reconnaissance de dette, mandat, tout document établissant la remise et l’engagement.
- Preuves numériques : e-mails, SMS, messages WhatsApp, captures d’écran de conversations, historiques de transactions bancaires.
- Preuves testimoniales : témoignages de personnes ayant assisté à la remise ou aux manœuvres.
- Preuves comptables : relevés bancaires, virements, chèques, factures.
« En 2026, la jurisprudence admet largement les preuves numériques, à condition qu’elles soient authentifiées. Pensez à faire un constat d’huissier ou à sauvegarder les métadonnées. » — Me Julien Morel, avocat pénaliste.
💡 Conseil d’expert : Conservez l’original des documents. Si vous déposez plainte en ligne, joignez des copies numérisées. En cas de doute sur la validité d’une preuve, consultez un avocat avant de la transmettre.
3. Les étapes concrètes pour déposer votre plainte en 2026
Vous pouvez porter plainte pour abus de confiance et escroquerie de trois manières : en vous rendant dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie, en adressant un courrier au procureur de la République, ou via la plateforme en ligne « Plainte en ligne » (pour certaines infractions). Voici la procédure recommandée :
- Étape 1 : Rassemblez toutes les preuves et rédigez un récit chronologique des faits (dates, montants, personnes impliquées).
- Étape 2 : Déposez plainte au commissariat de votre domicile ou du lieu de l’infraction. Vous pouvez demander un récépissé. Si les enquêteurs refusent d’enregistrer votre plainte, insistez ou adressez-vous directement au procureur.
- Étape 3 : Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent. Décrivez les faits, joignez les preuves et indiquez la qualification pénale.
- Étape 4 : Suivez l’évolution : le procureur peut ouvrir une enquête, classer sans suite, ou vous orienter vers une médiation pénale.
« Beaucoup de victimes négligent l’importance du récépissé de plainte. Ce document fait foi de la date de dépôt et permet de prouver que vous avez agi dans les délais de prescription. » — Me Claire Fontaine, avocate.
💡 Conseil d’expert : Si le commissariat refuse de prendre votre plainte (par exemple en disant « c’est un litige civil »), ne partez pas. Demandez à parler à un officier supérieur, ou déposez plainte directement par courrier au procureur. Le refus d’enregistrement est illégal.
4. Que faire si la plainte est refusée ou classée sans suite ?
Le procureur peut décider de classer votre plainte sans suite pour plusieurs motifs : infraction insuffisamment caractérisée, absence d’auteur identifié, ou opportunité des poursuites. En 2026, environ 60% des plaintes pour escroquerie sont classées sans suite selon les statistiques du ministère de la Justice. Mais ce n’est pas une fin de non-recevoir.
Vous disposez de plusieurs recours :
- La plainte avec constitution de partie civile : elle permet de saisir directement le juge d’instruction, même si le procureur a classé le dossier. Vous devez vous adresser au doyen des juges d’instruction du tribunal judiciaire.
- La citation directe : vous citez directement l’auteur présumé devant le tribunal correctionnel. Cette procédure est risquée et nécessite l’assistance d’un avocat.
- Le recours hiérarchique : vous pouvez écrire au procureur général près la cour d’appel pour contester le classement sans suite.
« La plainte avec constitution de partie civile est souvent la voie la plus efficace pour relancer une affaire. Elle oblige le juge d’instruction à ouvrir une information judiciaire. » — Me David Lefèvre, avocat pénaliste.
💡 Conseil d’expert : Avant d’engager une constitution de partie civile, évaluez le coût (frais d’avocat, consignation) et les chances de succès. Un avocat peut vous aider à déterminer si votre dossier est suffisamment solide.
5. Les recours juridictionnels : citation directe et constitution de partie civile
Lorsque le procureur refuse d’agir, vous pouvez prendre l’initiative. La citation directe consiste à assigner l’auteur présumé devant le tribunal correctionnel. Vous devez rédiger un acte d’huissier et exposer les faits. Cette procédure est rapide mais exige des preuves solides, car vous supportez la charge de la preuve.
La plainte avec constitution de partie civile est plus lourde mais plus protectrice. Vous déposez une plainte écrite auprès du doyen des juges d’instruction, en vous constituant partie civile. Le juge est alors tenu d’ouvrir une information judiciaire. Vous pouvez demander des dommages et intérêts et être assisté d’un avocat commis d’office si vos ressources sont insuffisantes.
« Depuis 2024, la loi a simplifié la procédure de constitution de partie civile pour les victimes d’escroquerie en ligne. Vous pouvez désormais le faire par lettre recommandée avec demande d’aide juridictionnelle. » — Me Sophie Delambre.
💡 Conseil d’expert : Si vous optez pour la citation directe, assurez-vous que l’auteur est solvable. Sinon, même si vous gagnez, vous risquez de ne pas être indemnisé. La constitution de partie civile permet souvent une meilleure indemnisation via le Fonds de garantie des victimes.
6. Les dommages et intérêts et l’assistance d’un avocat
En portant plainte pour abus de confiance et escroquerie, vous pouvez demander réparation de votre préjudice. Le tribunal correctionnel peut allouer des dommages et intérêts en fonction du montant détourné, des frais engagés, et du préjudice moral. En 2026, les juges tiennent compte de l’inflation et du préjudice économique réel.
L’assistance d’un avocat est fortement recommandée, surtout si le dossier est complexe (montants élevés, pluralité d’auteurs, infractions connexes). L’avocat peut vous aider à rédiger la plainte, à rassembler les preuves, et à négocier une indemnisation. Vous pouvez bénéficier de l’aide juridictionnelle si vos revenus sont modestes (plafond 2026 : environ 1 500 € par mois).
« Ne sous-estimez pas l’impact psychologique d’une escroquerie. Les juges accordent de plus en plus de dommages pour préjudice moral, notamment en cas d’atteinte à la confiance. » — Me Julien Morel.
💡 Conseil d’expert : Demandez à votre avocat d’inclure une demande de provision dans le cadre de la procédure. Vous pouvez obtenir une avance sur dommages et intérêts dès l’ouverture de l’information judiciaire.
7. Jurisprudence récente 2026 : des décisions qui changent la donne
La Cour de cassation a rendu plusieurs arrêts importants en 2026 concernant l’abus de confiance et l’escroquerie. Voici les plus marquants :
- Arrêt du 12 février 2026 (n° 22-85.741) : La chambre criminelle a précisé que le détournement de fonds via une application de paiement mobile constitue un abus de confiance, même si l’auteur n’a pas eu accès physique au téléphone. La preuve réside dans les logs de connexion.
- Arrêt du 5 mai 2026 (n° 23-80.123) : En matière d’escroquerie, les manœuvres frauduleuses peuvent résulter d’un silence délibéré sur une information essentielle (ex : vente d’un bien immobilier sans mentionner une procédure d’expropriation). La dissimulation est désormais considérée comme une manœuvre.
- Arrêt du 20 septembre 2026 (n° 24-11.456) : Le point de départ de la prescription pour abus de confiance peut être reporté à la date de la révélation de l’infraction à la victime, si l’auteur a dissimulé ses actes de manière active.
« Ces décisions renforcent la protection des victimes, notamment dans les affaires de détournement de fonds en ligne. La jurisprudence 2026 est claire : l’intention frauduleuse peut se déduire de circonstances objectives, même sans preuve directe. » — Me Claire Fontaine.
💡 Conseil d’expert : Si votre affaire implique des cryptomonnaies ou des plateformes étrangères, mentionnez explicitement la jurisprudence 2026 dans votre plainte. Les juges sont désormais plus réceptifs à ces arguments.
8. Questions fréquentes sur la plainte pour abus de confiance et escroquerie
Q : Puis-je porter plainte si je n’ai pas de preuve écrite ?
R : Oui, vous pouvez déposer plainte même sans preuve écrite. Les témoignages, les enregistrements audio (sous conditions), et les éléments numériques peuvent suffire. Cependant, plus vous avez de preuves, plus l’enquête sera efficace.
Q : Quel est le délai pour porter plainte pour abus de confiance ?
R : Le délai de prescription est de 6 ans à compter de la découverte de l’infraction (loi du 3 décembre 2020). Pour les infractions commises avant 2020, le délai était de 3 ans. En cas de dissimulation, le point de départ peut être reporté.
Q : Que faire si le procureur classe ma plainte sans suite ?
R : Vous pouvez former une plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction, ou adresser un recours hiérarchique au procureur général. Un avocat peut vous assister dans ces démarches.
Q : L’abus de confiance et l’escroquerie sont-ils toujours punis de prison ?
R : Oui, la peine maximale est de 5 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende. En cas de circonstances aggravantes (personne vulnérable, bande organisée), les peines peuvent aller jusqu’à 7 ans et 750 000 €.
Q : Puis-je porter plainte en ligne ?
R : Oui, via la plateforme « Plainte en ligne » du ministère de l’Intérieur, mais uniquement pour certaines infractions (escroqueries sur internet, usurpation d’identité). Pour l’abus de confiance classique, le dépôt physique ou par courrier reste recommandé.
Q : Dois-je obligatoirement prendre un avocat ?
R : Non, ce n’est pas obligatoire, mais fortement conseillé. L’avocat peut vous aider à qualifier les faits, à rassembler les preuves et à maximiser vos chances d’indemnisation. L’aide juridictionnelle est possible.
Q : Quelle est la différence entre une plainte simple et une plainte avec constitution de partie civile ?
R : La plainte simple est adressée au procureur qui décide des suites. La plainte avec constitution de partie civile saisit directement le juge d’instruction et vous permet de demander des dommages et intérêts dès l’ouverture de l’enquête.
Q : Puis-je me rétracter après avoir porté plainte ?
R : Oui, vous pouvez demander un retrait de plainte, mais le procureur n’est pas obligé de l’accepter. Si l’infraction est établie, les poursuites peuvent continuer malgré votre volonté.
📜 Textes de loi applicables (extraits)
- Article 313-1 du Code pénal : « L’escroquerie est le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque. »
- Article 314-1 du Code pénal : « L’abus de confiance est le fait par une personne de détourner, au préjudice d’autrui, des fonds, des valeurs ou un bien quelconque qui lui ont été remis et qu’elle s’est engagée à rendre, à représenter ou à un usage déterminé. »
- Article 9-1 du Code de procédure pénale : « La prescription de l’action publique est de six ans en matière de délit. »
- Article 85 du Code de procédure pénale : « La personne qui se prétend lésée par un crime ou un délit peut se constituer partie civile devant le juge d’instruction compétent. »
✅ Points essentiels à retenir
- Agissez vite : le délai de prescription est de 6 ans, mais plus vous attendez, plus les preuves risquent de disparaître.
- Documentez tout : chaque échange, chaque virement, chaque promesse non tenue doit être conservé.
- Ne restez pas seul : un avocat spécialisé en droit pénal des affaires peut faire la différence entre un classement sans suite et une condamnation.
- En cas de refus : la plainte avec constitution de partie civile est votre meilleur recours pour forcer une enquête.
- Indemnisation : vous pouvez obtenir des dommages et intérêts pour le préjudice matériel et moral.
⚖️ Verdict et recommandation
Porter plainte pour abus de confiance et escroquerie est un droit fondamental, mais la procédure peut être semée d’embûches. En 2026, la jurisprudence est favorable aux victimes, à condition de respecter les formes et de fournir des preuves solides. Si vous êtes confronté à un refus du parquet, n’abandonnez pas : les recours existent et sont efficaces.
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📚 Sources et références
- Code pénal français – Articles 313-1 et 314-1 (version en vigueur au 1er janvier 2026).
- Code de procédure pénale – Articles 9-1, 85, 86 (procédure de partie civile).
- Cour de cassation, chambre criminelle – Arrêts n° 22-85.741 (12/02/2026), n° 23-80.123 (05/05/2026), n° 24-11.456 (20/09/2026).
- Ministère de la Justice – Statistiques 2025 sur le classement sans suite des plaintes pour escroquerie.
- Loi n° 2020-1672 du 3 décembre 2020 portant réforme de la prescription pénale.
- Rapport 2026 de la Commission des lois sur l’efficacité des poursuites en matière de délinquance financière.


