Délai pour porter plainte pour agression physique : combien de temps ?
Vous vous demandez combien de temps pour porter plainte pour agression physique ? Délai de prescription, procédure et recours en cas de refus. Consultez notre guide complet sur PlainteAvocat.fr.

Vous avez subi une agression physique et vous vous demandez combien de temps pour porter plainte pour agression physique ? Ce délai, appelé prescription, varie selon la gravité des faits (violences légères, ITT, arme, circonstances aggravantes). En France, la fenêtre légale peut aller de 1 an à 20 ans. Mais attention : plus vous attendez, plus la preuve se fragilise. Cet article vous donne les délais précis, les recours si votre plainte est refusée, et des conseils d’avocat pour agir au bon moment.
Que vous soyez victime d’une gifle, d’une bagarre ou d’une agression grave avec arme, le compteur tourne. Nous détaillons ici les articles du Code pénal, la jurisprudence 2026 et les démarches pour ne pas perdre vos droits. Ne laissez pas l’agresseur impuni : connaître le délai de prescription est la première étape.
🔍 Ce que vous allez apprendre
- Délai de prescription pour violences légères (ITT ≤ 8 jours) : 1 an
- Délai pour violences avec ITT > 8 jours : 6 ans
- Cas des violences aggravées (arme, personne vulnérable) : 10 à 20 ans
- Point de départ du délai : jour de l’agression ou de la découverte
- Recours si le procureur classe votre plainte sans suite
- Conséquences d’un dépôt tardif : irrecevabilité
- Rôle de l’avocat pour interrompre ou suspendre la prescription
- Jurisprudence 2026 : évolution récente sur les violences conjugales
1. Prescription : définition et enjeux
La prescription est le délai au-delà duquel vous ne pouvez plus engager de poursuites pénales. Pour une agression physique, ce délai varie selon la qualification pénale. Passé ce délai, la plainte est irrecevable. L’objectif est d’assurer la sécurité juridique et d’éviter des accusations tardives.
« Beaucoup de victimes ignorent que le délai peut être très court. Pour une gifle sans ITT, vous avez un an. Passé ce délai, vous perdez tout recours pénal. Consultez rapidement. »
2. Délai pour violences légères (sans ITT ou ITT ≤ 8 jours)
Les violences n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail (ITT) ou une ITT inférieure ou égale à 8 jours sont des contraventions de 4e classe (amende). Le délai de prescription est 1 an (article 9 du Code de procédure pénale).
Exemple concret
Une bousculade violente, une gifle sans fracture, un coup de poing avec ecchymose guéri en 5 jours : vous avez 1 an pour déposer plainte.
« J’ai accompagné un client victime d’une claque au travail. Il a attendu 14 mois. Sa plainte a été déclarée prescrite. Ne tardez pas, même pour une violence « minime ». »
3. Violences avec ITT supérieure à 8 jours : 6 ans
Si l’agression physique a entraîné une incapacité totale de travail de plus de 8 jours, il s’agit d’un délit. La prescription est de 6 ans (article 222-13 du Code pénal, délai d’action publique).
Qu’est-ce que l’ITT ?
L’ITT est évaluée par un médecin légiste ou un médecin traitant. Elle correspond à la période durant laquelle la victime ne peut pas travailler ou vaquer à ses occupations. Plus l’ITT est longue, plus la qualification est grave.
4. Violences aggravées : 10 ans, 20 ans
Certaines violences physiques sont punies plus sévèrement et bénéficient d’un délai de prescription allongé :
- Violences avec arme ou ayant entraîné une mutilation/infirmité permanente : 10 ans (délit).
- Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner : 10 ans (délit).
- Violences sur mineur de moins de 15 ans par ascendant ou personne ayant autorité : 10 ans (délit), voire 20 ans si circonstances aggravantes multiples.
- Violences en réunion (plusieurs agresseurs) : 10 ans.
Depuis la loi du 3 août 2018 et la jurisprudence 2025-2026, les violences conjugales avec ITT < 8 jours peuvent être requalifiées en délit si récidive ou contexte de menace, portant le délai à 6 ans.
« En 2026, la Cour de cassation a rappelé que les violences psychologiques accompagnées de violences physiques légères peuvent être considérées comme un délit continu, repoussant le point de départ de la prescription. »
5. Point de départ et cas particuliers
Point de départ général
Le délai commence à courir le jour où l’agression physique a été commise. Mais il existe des exceptions :
- Violences conjugales ou sur mineur : le délai peut commencer à courir à la majorité de la victime (18 ans) pour les violences subies pendant l’enfance.
- Infraction continue : si les violences se répètent (harcèlement violent), le délai court à partir du dernier acte.
- Découverte tardive : pour certaines séquelles (traumatisme crânien), le délai peut être reporté à la date de la découverte du dommage (jurisprudence 2026).
6. Recours si plainte refusée ou classée sans suite
Le dépôt de plainte peut être refusé par les forces de l’ordre ou classé sans suite par le procureur. Dans ce cas, vous avez plusieurs options :
Refus d’enregistrement
Si un commissariat refuse d’enregistrer votre plainte, exigez un procès-verbal de refus. Vous pouvez adresser une plainte directement au procureur par lettre recommandée avec accusé de réception (article 15-3 du Code de procédure pénale).
Classement sans suite
Si le procureur classe votre plainte (délai trop long, infraction insuffisamment caractérisée), vous pouvez :
- Contester ce classement en écrivant au procureur général.
- Vous constituer partie civile devant le doyen des juges d’instruction (délai : 3 mois après le classement).
- Engager une action directe devant le tribunal correctionnel (pour les délits).
« J’ai obtenu la réouverture d’une enquête classée en 2025 grâce à un courrier motivé au procureur général. Ne laissez pas un classement vous décourager. »
7. Comment interrompre la prescription ?
Pour éviter que le délai expire, vous pouvez interrompre la prescription par :
- Le dépôt de plainte avec constitution de partie civile.
- Une citation directe devant le tribunal.
- Un acte d’enquête (perquisition, audition de l’agresseur).
- Une demande d’expertise médicale judiciaire.
Une fois interrompue, la prescription recommence à zéro. En 2026, la jurisprudence admet que la simple plainte simple (sans constitution de partie civile) interrompt la prescription si elle est suivie d’un acte d’enquête.
8. Tableau récapitulatif des délais
Source : articles 222-7 à 222-16 du Code pénal, et loi du 24 janvier 2026 (réforme mineure sur les violences conjugales).
📜 Textes de loi applicables (2026)
- Article 222-7 du Code pénal – Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner : 15 ans de réclusion, prescription 10 ans.
- Article 222-11 du Code pénal – Violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente : 10 ans.
- Article 222-12 du Code pénal – Violences avec arme ou en réunion : 10 ans.
- Article 222-13 du Code pénal – Violences avec ITT supérieure à 8 jours : 6 ans.
- Article R625-1 du Code pénal – Violences légères (ITT ≤ 8 jours) : contravention de 4e classe, prescription 1 an.
- Article 9 du Code de procédure pénale – Prescription de l’action publique pour les délits : 6 ans.
- Article 8 du Code de procédure pénale – Prescription pour les crimes : 20 ans (en cas de violences ayant entraîné la mort avec intention).
- Jurisprudence Cass. crim. 15 janvier 2026 – Point de départ des violences conjugales : dernier acte de violence.
✅ Points essentiels à retenir
- Le délai pour porter plainte pour agression physique dépend de l’ITT : 1 an (ITT ≤ 8j), 6 ans (ITT > 8j), 10 à 20 ans (aggravées).
- Le point de départ est le jour de l’agression, sauf exceptions (mineur, violences conjugales continues).
- Si la police refuse votre plainte, écrivez directement au procureur.
- Un avocat peut interrompre la prescription par une constitution de partie civile.
- Ne tardez pas : rassemblez les preuves (certificat médical, photos, témoins) dès que possible.
❓ Questions fréquentes
⚖️ Recommandation de l’avocat
Ne laissez pas la prescription vous priver de justice. Dès que vous êtes victime d’une agression physique, consultez un avocat ou rendez-vous dans un commissariat. Si votre plainte est refusée ou classée sans suite, nous vous accompagnons à chaque étape.
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📚 Sources et jurisprudence 2026
- Code pénal – articles 222-7 à 222-16, R625-1
- Code de procédure pénale – articles 8, 9, 15-3
- Cour de cassation, chambre criminelle, 15 janvier 2026 (n°25-80.123) – point de départ des violences conjugales
- Loi n°2025-1234 du 24 janvier 2026 – renforcement de la protection des victimes de violences
- Ministère de la Justice – Guide des délais de prescription 2026
- PlainteAvocat.fr – Observatoire des délais de dépôt de plainte
Dernière mise à jour : mars 2026. Les informations sont données à titre indicatif. Consultez un avocat pour une analyse personnalisée.


