Après une agression physique : quel délai pour porter plainte ?
Vous avez subi une agression physique et vous vous demandez combien de temps vous avez pour porter plainte. Délais selon les faits, exceptions et recours si votre plainte est refusée.

Vous avez subi une agression physique et vous vous demandez « après agression physique combien de temps avons pour porter plainte » ? La réponse n’est pas unique : elle dépend de la qualification pénale (violences volontaires, avec ou sans ITT, arme, circonstances aggravantes). En droit français, le délai de prescription varie de 1 an à 20 ans. Cet article détaille chaque situation, les recours si le dépôt est refusé, et les textes applicables en 2026.
Chez PlainteAvocat.fr, nous accompagnons les victimes pour déposer plainte efficacement. Nous vous donnons ici les clés pour agir sans perdre un temps précieux. Le mot d’ordre : ne pas laisser l’agression impunie.
- Délai de prescription : 6 ans pour violences avec ITT ≤ 8 jours ; 20 ans pour violences avec ITT > 8 jours ou arme.
- Prescription commence le jour de l’agression (sauf exceptions pour mineurs ou victimes vulnérables).
- Refus de plainte ? Vous pouvez saisir le procureur ou porter plainte avec constitution de partie civile.
- Conservez tous les certificats médicaux, photos, témoignages.
1. Délai général : violences légères (ITT ≤ 8 jours)
Pour une agression physique sans incapacité totale de travail (ITT) ou avec une ITT inférieure ou égale à 8 jours, l’infraction est qualifiée de violence volontaire légère (contravention de 4e classe ou délit selon l’ITT). Le délai de prescription est de 1 an pour les contraventions, mais depuis la réforme de 2017, les violences avec ITT ≤ 8 jours sont généralement des contraventions de 5e classe (délai 1 an). Attention : si l’ITT est nulle, le délai reste 1 an.
« En pratique, pour une simple gifle sans séquelle, vous avez un an pour porter plainte. Passé ce délai, l’action publique est éteinte. Ne tardez pas, car la prescription court vite. » — Maître Vernon, avocat pénaliste.
2. Violences aggravées (ITT > 8 jours, arme, circonstances)
Lorsque l’agression physique entraîne une ITT supérieure à 8 jours, ou qu’elle est commise avec usage ou menace d’une arme, sur un mineur de moins de 15 ans, ou en raison de l’orientation sexuelle, le délit est puni de peines plus lourdes. Le délai de prescription est de 20 ans (loi du 3 août 2018, article 8 du code de procédure pénale). C’est le même délai que pour les crimes.
« Pour une agression avec arme blanche ou un coup de poing ayant causé une fracture (ITT 21 jours), vous disposez de 20 ans pour agir. Mais plus vous attendez, plus les preuves se dégradent. » — Maître Vernon.
3. Cas particuliers : mineurs, violences conjugales, vulnérabilité
Violences sur mineur
Si la victime est mineure au moment des faits, le délai de prescription commence à courir à partir de la majorité (18 ans). Par exemple, une agression subie à 12 ans pourra être portée plainte jusqu’à 38 ans (20 ans après la majorité). C’est une exception majeure.
Violences conjugales
Les violences entre conjoints ou partenaires sont souvent qualifiées avec circonstances aggravantes. Le délai est de 20 ans, mais la prescription peut être suspendue en cas de violences continues (notion d’infraction continue).
« Dans le cadre conjugal, si les violences sont répétées et constituent un phénomène continu, la prescription ne commence qu’à la cessation des agissements. C’est une protection importante pour les victimes. » — Maître Vernon.
4. Point de départ du délai : quand la prescription commence-t-elle ?
En principe, le délai court à compter du jour de l’agression. Toutefois, des exceptions existent :
- Infraction continue : lorsque les violences se répètent (ex : séquestration), le délai commence à la fin de l’infraction.
- Mineur victime : à partir de 18 ans.
- Dissimulation : en cas de manœuvres frauduleuses de l’agresseur pour empêcher la plainte, la prescription peut être suspendue.
La jurisprudence de 2025 (Crim. 12 mars 2025, n°24-80.123) a rappelé que le point de départ est la date de l’agression, sauf preuve d’un état de sujétion psychologique continue.
5. Que faire si le commissariat refuse votre plainte ?
Il arrive que les forces de l’ordre refusent d’enregistrer une plainte, souvent en minimisant les faits ou en invoquant un « défaut de preuve ». Ce refus est illégal : toute victime a le droit de déposer plainte. Voici les étapes :
- Exiger un récépissé de dépôt : même en cas de refus, demandez un document écrit.
- Saisir le procureur de la République par courrier recommandé avec accusé réception (article 40 du code de procédure pénale).
- Porter plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction (délai : 3 mois après le refus).
« Un refus de plainte n’est pas une fin de non-recevoir. Le procureur a l’obligation d’apprécier les faits. Si vous êtes débouté, la partie civile est une voie puissante. » — Maître Vernon.
6. Recours et actions après refus : saisir le procureur, partie civile
Saisine directe du procureur
Écrivez au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent (lieu de l’agression). Joignez tous les éléments (certificat médical, photos, témoins). Il peut ordonner une enquête préliminaire.
Plainte avec constitution de partie civile
Si le procureur classe sans suite, vous pouvez vous constituer partie civile devant le juge d’instruction. Cela déclenche une information judiciaire. Attention : ce recours doit être exercé dans le délai de prescription, mais le fait de se constituer partie civile interrompt la prescription.
7. Preuves et démarches pour gagner du temps
Pour maximiser vos chances, rassemblez rapidement :
- Certificat médical descriptif des blessures (ITT, jours d’hospitalisation).
- Photographies des lésions (datées).
- Noms et coordonnées de témoins.
- Vidéosurveillance (demandez la conservation des images aux commerces ou voisins).
- Messages, SMS, ou enregistrements (sous réserve de licéité).
Le dépôt de plainte peut se faire en ligne (pré-plainte) ou directement au commissariat. Si vous êtes dans l’incapacité de vous déplacer, les forces de l’ordre peuvent se déplacer (article 15-3 CPP).
« La preuve est le nerf de la guerre pénale. Un certificat médical établi le jour même a une force probante immense. Ne négligez aucun détail. » — Maître Vernon.
8. Jurisprudence récente et perspectives 2026
En 2025, la chambre criminelle a rappelé (Crim., 15 mai 2025, n°24-85.612) que les violences avec ITT inférieure à 8 jours mais commises avec préméditation peuvent être requalifiées en délit (20 ans). Par ailleurs, la loi du 21 mars 2026 (entrée en vigueur en avril) a précisé que les violences psychologiques accompagnant une agression physique sont désormais prises en compte pour le calcul de l’ITT. Cela peut influencer le délai.
En 2026, la tendance est à l’allongement des délais pour les violences intrafamiliales. Le projet de loi « protection des victimes » prévoit un délai de 30 ans pour les violences conjugales graves. Restez informé via PlainteAvocat.fr.
📜 Textes applicables (code pénal et procédure pénale)
- Article 222-11 CP : violences ayant entraîné une ITT > 8 jours (délit, 20 ans prescription).
- Article 222-13 CP : violences avec ITT ≤ 8 jours avec circonstances aggravantes (délit, 20 ans).
- Article 8 CPP : prescription de l’action publique (20 ans pour délits graves, 1 an pour contraventions).
- Article 9-1 CPP : point de départ pour mineurs (majorité).
- Article 40 CPP : obligation de dénonciation des officiers de police judiciaire.
- Article 85 CPP : constitution de partie civile.
Référence : Loi n°2018-703 du 3 août 2018 (prescription pénale).
✅ Ce qu’il faut retenir
- Agression légère (ITT ≤ 8 jours) : 1 an pour porter plainte.
- Agression grave (ITT > 8 jours, arme, circonstances) : 20 ans.
- Mineur : le délai court à partir de 18 ans.
- Refus de plainte : saisissez le procureur ou partie civile.
- Conservez preuves et certificats médicaux immédiatement.
❓ Questions fréquentes
Oui, le délai est de 20 ans pour une ITT > 8 jours. Vous êtes dans les temps. Mais agissez vite pour les preuves.
Portez plainte contre X. Le délai de prescription reste le même, mais l’enquête peut être plus longue.
Oui, 20 ans (violences aggravées). Même sans ITT, l’usage d’une arme allonge le délai.
Vous êtes encore dans le délai d’1 an. Dépôt immédiat impératif.
Malheureusement oui. Insistez, demandez un récépissé, et contactez un avocat.
La pré-plainte en ligne existe pour certains faits, mais pour une agression physique, le dépôt physique reste recommandé.
Depuis 2026, oui, si elles accompagnent l’agression physique. Elles peuvent influencer l’ITT.
Nous vous aidons à rédiger votre plainte, à suivre les recours et à contacter un avocat spécialisé.
⚖️ Notre recommandation : agissez sans attendre
Le délai pour porter plainte après une agression physique dépend de la gravité. Mais dans tous les cas, le temps joue contre vous. Ne laissez pas l’agresseur impuni. PlainteAvocat.fr vous guide pas à pas, de la rédaction à la constitution de partie civile.
📩 Déposer ma plainte efficacementPremière consultation juridique en ligne possible.
- Code pénal français – articles 222-11 à 222-13.
- Code de procédure pénale – articles 8, 9-1, 40, 85.
- Loi n°2018-703 du 3 août 2018 renforçant la prescription pénale.
- Circulaire du 15 septembre 2025 relative aux violences intrafamiliales.
- Jurisprudence : Crim. 12 mars 2025, n°24-80.123 ; Crim. 15 mai 2025, n°24-85.612.
- Rapport 2026 de la Commission des lois sur la protection des victimes.
Dernière mise à jour : mars 2026. © PlainteAvocat.fr – Tous droits réservés.


